Discours du 08 mai : la liberté ne se donne pas, elle se défend

Alzonne Zoom Publié le 9 mai 2026

Retrouvez le discours que j’ai prononcé à l’occasion des commémorations du 08 mai organisées à Alzonne.

Monsieur le Président des anciens combattants, Mesdames et Messieurs les enseignants, Chers enfants, Mesdames et Messieurs les sapeurs-pompiers, Mesdames et Messieurs les représentants de la gendarmerie et des armées, Mesdames et Messieurs, Chères Alzonnaises, Chers Alzonnais,

Nous sommes réunis ce matin pour commémorer l’un des jours les plus importants de notre histoire : le 8 mai 1945. Ce jour-là, les armes se sont tues en Europe. Ce jour-là, après cinq années d’une guerre d’une barbarie sans précédent, la liberté l’a emporté sur la tyrannie, la dignité humaine sur l’abjection, la République sur la collaboration.

Il y a 81 ans, des hommes et des femmes soldats, résistants, civils, ont payé de leur vie le prix de cette victoire. Ils avaient choisi leur camp, le camp de la France libre, le camp de l’honneur.

Face à eux, il y avait ceux qui avaient choisi l’autre voie. Celle de la soumission, de la délation, de l’exclusion. Un régime, le régime de Vichy, qui avait renoncé aux valeurs fondatrices de notre République « liberté, égalité, fraternité » pour embrasser l’idéologie de la honte : la désignation de boucs émissaires, la persécution des plus vulnérables, la soumission à la force brute au détriment du droit.

Ce régime n’est pas né du néant. Il a prospéré sur la peur, sur le ressentiment, sur la manipulation des peuples. Il a avancé à pas feutrés, en utilisant les mots de l’ordre et de la sécurité pour mieux défaire les fondements de la démocratie.

Des discours qui semblaient appartenir à un passé révolu ont retrouvé droit de cité.

C’est pourquoi ce devoir de mémoire n’est pas un simple exercice rituel. C’est un acte politique, au sens le plus noble du terme. Car la paix, Mesdames et Messieurs, n’est pas un acquis permanent. La démocratie n’est pas un bien indestructible. L’histoire, hélas, nous l’a rappelé en Europe même, depuis quelques années. Des guerres ont resurgi sur notre continent. Des discours qui semblaient appartenir à un passé révolu ont retrouvé droit de cité dans des assemblées élues, dans des médias, dans des conversations ordinaires.

La désignation de l’étranger comme ennemi. Le mépris affiché pour les institutions républicaines. Le culte du chef fort au détriment des contre-pouvoirs. La remise en question des droits fondamentaux au nom d’un prétendu bon sens. Ces logiques, nous les connaissons. Elles ont déjà un nom dans notre histoire. Et elles ont conduit à des catastrophes dont les plaies ne sont pas entièrement refermées.

 

La vigilance n’est pas l’intolérance. Nommer ce que l’on reconnaît, ce n’est pas faire de la politique partisane : c’est exercer la mémoire.

C’est pourquoi je suis particulièrement ému de voir parmi nous aujourd’hui nos enfants, accompagnés de leurs enseignants. C’est à vous, les jeunes générations, que cette cérémonie s’adresse en premier lieu. C’est vous qui porterez demain cette mémoire vivante, vous qui aurez la responsabilité de faire vivre les valeurs pour lesquelles tant de femmes et d’hommes sont morts.

Rappelez-vous que la liberté ne se donne pas. Elle se défend, chaque jour.

Rappelez-vous que la liberté ne se donne pas. Elle se défend, chaque jour, par l’engagement civique, par le refus de l’indifférence, par la capacité à regarder l’histoire en face, sans complaisance et sans détournement.

Je veux remercier chaleureusement les anciens combattants pour leur présence et pour ce qu’ils incarnent. Merci aux sapeurs-pompiers et aux représentants de la gendarmerie et des forces armées, gardiens au quotidien de notre sécurité et de nos libertés. Merci aux enseignants qui, au-delà de la cérémonie, transmettent chaque jour à nos enfants les valeurs de la République. Merci à tous les habitants qui ont répondu présents ce matin : votre présence est un acte civique en elle-même. Et merci enfin à celles et ceux qui ont préparé le moment convivial qui suivra cette cérémonie parce que la République, c’est aussi le partage et la fraternité vécus simplement.

Vive la République. Vive la France.

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